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La Marquise

La Marquise entra dans une colère noire : Esteban avait oublié le petit pot à lait sur le plateau d’argent… Comment prendre le thé dans des conditions pareilles ! Elle gardait une sorte de sang froid – plutôt glacial même – dans ce genre de situation. Comme à l’accoutumée, elle tendit donc le bras vers le guéridon et saisit du bout des doigts la clochette. Au premier tintement – la Marquise n’aimait pas attendre – Esteban parut.

Il avait ce petit air penaud qu’ont les enfants quand ils savent que maman n’est pas contente. Il comprit vite quelle allait être sa sentence. Du regard, la Marquise le déshabillait déjà. A vrai dire, elle avait toujours eu à l’égard de son domestique ce regard vicelard et condescendant qu’il détestait tant. Il devait pourtant s’exécuter. Il dénoua la fine ceinture de cuir qui retenait son pantalon, et le fit glisser le long de ses jambes. Habitué à ce genre de traitement, il n’avait même pas prit la peine d’enfiler un caleçon. Il voulait que ça aille vite.

Pour comprendre pourquoi, il me faut sans doute préciser que la Marquise en question était une vieille sadique, une octogénaire desséchée, tant du cœur que de l’entrejambe. Jeune déjà elle repoussait les hommes par son manque de grâce et de douceur. Les années passant, elle devint en plus aigrie. Son seul charme fut donc l’héritage qu’elle reçu à la mort de son père, seul personnage aimable de la famille. Elle fit un mariage éclair avec un homme médiocre qui la dépucela mais n’eu pas l’occasion de remettre le couvert, son cœur ayant lâché en même temps que les mains de la Marquise lâchèrent ses bourses.

La presque encore jeune femme continua à glisser dans une vie toujours plus austère et aigrie jusqu’au jour où elle repéra Esteban, un jeune espagnol sans le sou, à qui elle proposa le gîte et le couvert en échange de quelques travaux. Cela incluait le ménage, le soin aux chiens (quatre détestables lévriers), la taille des haies ou bien encore parfois quelques autres « menus services ».

Cet après midi là donc, Madame désirait prendre le thé dans le petit salon, mais avait libéré sa cuisinière et sa camériste pour la journée. Ce fut logiquement Esteban qui se colla à la tâche. Et comme il n’avait guère l’habitude de ce rituel méticuleux, il oublia – mais ça vous le savez déjà – le pot à lait. La Marquise ne prenait jamais de lait dans son thé, et du fait qu’elle n’avait pas non plus d’invité ce jour ci, la punition était gratuite. Esteban l’avait compris mais n’y pouvait rien.

Il déboutonna sa chemise et la posa à coté de son pantalon. La vieille dame se pencha vers le jeune homme – elle excitée, lui dégoutté – et se saisit de son vit, qu’elle avala goulûment. A son âge, les dents n’étaient plus un obstacle puisque ces dernières assistaient à la scène depuis le plateau d’argent. Esteban ne pouvait nier qu’à défaut d’être une bonne maîtresse, c’était une suceuse hors pair. C’est peut-être ce qui lui avait fait accepter ce manège si longtemps.

Au bout de quelques minutes, la vieille lubrique lâcha prise. C’était le signe. L’Andalou releva les jupons de sa partenaire de fortune. Il avait toujours ce haut le cœur en voyant à quel point une chatte pouvait être à l’image de sa propriétaire, en l’occurrence sèche et dégarnie. Sa queue à lui, encore sous l’effet de la fellation, dressait pourtant la tête, et la Marquise, à cette vue, commençait à tortiller – autant que faire se peu à son âge – du bassin.

Esteban accéléra alors les choses. Autant en finir au plus vite se disait-il. Il approcha la main du sexe lui aussi octogénaire de la vieille. Des doigts, il écarta les lèvres, laissant apparaître un trou noir et béant. Elle commençait déjà à plisser les yeux de contentement. Ce sourire béat se transforma en grimace de douleur quand Esteban la transperça de son couteau.

Ce fut le premier coup. Il remonta du bas vers le haut, fendant son ventre et libérant les viscères chaudes de la Marquise, qui déjà faisait beaucoup moins noble. Tout s’éparpillait sur le tapis d’Orient, souvenir d’un lointain voyage de son père, et formait de nouveaux motifs.

Le second coup fut réservé aux mains de la vieille. Ces mains qui s’étaient permises de le toucher, de le caresser. Ces mains qui le nourrissait à un prix trop élevé. Ces mains qui désormais ne souffriraient plus d’arthrite. Ces mains qui finiraient emportées par les lévriers, affamés depuis des jours pour l’occasion.

La colère d’Esteban envers celle qui jouait avec lui n’allait que grandissante. Le troisième coup fut pour la tête de la dépouille. Tout y passa, avec une cruauté et un plaisir évidents : les yeux exorbités puis piétinés, le nez broyé, la bouche fendue, la langue arrachée, la peau mutilée de part en part.

Après avoir déversé sa rage sur ce qu’il restait de la Marquise, il alla comme prévu jeter les morceaux au dessus de la grille du chenil.

Au bout d’une heure, après un grand ménage et le concours des lévriers, il ne restait plus rien d’elle.

Esteban avait reprit sa liberté.

Commentaires

  • Il me semble que j'avais deja lu ça quelque part... de qui est-ce ?

  • ben, si t'as déjà lu ça, c'est ICI!
    bon d'accord, 'y a eu comme un bug, disons, une parenthèse.
    mais ça vient tout de là, tu vois ?

    un lecteur (assidu, l'est)

  • Pour toute information/question/réclamation, contactez mon (très) attaché de presse, norbert tiniak...

  • J'ai eu une BD sur ce thème, il me semble...

  • tiens revoilà le loup de mer!
    coucou! tu nous a manqué...
    arrete ta fixette sur ce texte, je ne sais pas à quoi il te fait penser mais (en dehors du fait que je suis fan de l'esprit malsain de Virginie Despentes) il est de moi... tout simplement de moi... (je sais j'ai du talent! ;)

  • Oui, tu as du talent, c'est ce que j'allais écrire, héhé.
    Merci pour ce texte troublant et intéressant!

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